Interview alumni : Patrick BROSSET, analyste financier chez Linxfour.

Diplômé de CY Tech en 2023, Patrick BROSSET conjugue finance, data et pragmatisme industriel. Analyste financier chez Linxfour, une start-up spécialisée dans le leasing de machines industrielles, il nous dévoile comment ses compétences techniques se traduisent en décisions stratégiques concrètes, à la croisée des chiffres et du terrain.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Patrick BROSSET, je suis diplômé de CY Tech depuis 2023. J’ai intégré l’école en 2016 après une prépa intégrée, puis je me suis orienté vers le génie mathématique. J’ai ensuite effectué une année de césure à Paris-Dauphine grâce à un partenariat entre CY Tech et Dauphine. J’ai suivi un master 2 en finance en alternance. J’ai terminé mon cursus avec une option actuariat à CY Tech, ce qui m’a permis d’accumuler de l’expérience avant d’entrer pleinement dans la vie professionnelle.
Pourquoi avez-vous choisi CY Tech pour votre formation ?
J’étais à l’aise en maths et je voulais éviter une prépa trop généraliste. Je savais déjà que je voulais travailler dans la finance et la data science, et CY Tech proposait justement ces deux filières, avec en plus un partenariat avec Dauphine pour un double diplôme, ce qui est un vrai avantage sur le marché français.
Le double diplôme permet d’acquérir à la fois une solide base technique et une excellente formation pratique en finance. C’est un combo très apprécié des recruteurs.
En quoi consiste votre métier ?
Je suis analyste financier dans une start-up appelée Linxfour, spécialisée dans le leasing industriel. On loue des machines très diverses, allant des machines pour laver les voitures à de grosses machines industrielles pour la fabrication de pièces plastiques ou pour des installations énergétiques comme des turbines et des panneaux solaires.
Mon travail consiste à analyser les bilans financiers des entreprises clientes pour évaluer leur solvabilité et leur capacité à souscrire à nos offres de leasing. Je détermine aussi les tarifs, en particulier dans le cadre de notre modèle de paiement à l’utilisation.
Mais dans une start-up, les missions sont variées. Je travaille également sur l’analyse financière interne de notre propre société, en préparant des rapports pour nos investisseurs et nos partenaires de refinancement. Ces partenaires nous prêtent de l’argent pour financer l’achat des machines.
Enfin, je gère un portefeuille opérationnel de machines en location : je m’occupe des assurances, du suivi technique via les données que nous recevons des machines, et je vérifie leur bon fonctionnement et leur utilisation conforme au contrat.
Quelles expériences retirez-vous de l’environnement start-up ?
J’ai découvert l’importance d’être multitâche, de comprendre rapidement l’organisation et de participer activement aux décisions, même en étant jeune dans l’entreprise. C’est une culture très stimulante.
Quelles qualités sont nécessaires pour être analyste financier ?
Il faut avant tout de la rigueur. En analysant des bilans d’entreprises très différentes, il ne faut pas se laisser piéger par des structures complexes, comme les holdings, ou des situations géopolitiques à risque.
Ensuite, la proactivité est importante, surtout dans une start-up où les processus ne sont pas toujours formalisés. On doit souvent avancer rapidement et parfois améliorer soi-même les outils et procédures.
Enfin, il faut aimer les chiffres, être à l’aise avec Excel et ne pas avoir peur de manipuler des données financières.
Pourquoi avoir choisi de faire ce métier ?
J’ai toujours été attiré par la finance et la data. Dès le lycée, j’hésitais entre ces deux domaines. J’ai choisi CY Tech précisément pour cette double compétence.
Avec le temps, ma préférence s’est confirmée pour la finance, notamment le financement direct (direct lending) pour des projets d’entreprise. Le leasing industriel dans lequel je travaille aujourd’hui me plaît particulièrement car il mêle finance et concret : on aide les entreprises à financer des projets réels, avec des machines tangibles qu’on peut aller voir sur site. C’est très motivant de voir l’impact direct de notre travail.
Quel a été votre plus grand défi professionnel ?
Mon plus grand challenge a été lié à mon expatriation en Autriche, où je travaille aujourd’hui. J’ai dû surmonter la barrière de la langue et m’adapter à une culture très différente de la France. J’étais le seul Français dans une équipe majoritairement composée d’Autrichiens et d’expatriés d’Europe de l’Est. Il m’a fallu développer un vocabulaire technique précis en anglais et en allemand et apprendre à gérer les réunions multiculturelles.
Ce vécu m’a beaucoup fait grandir professionnellement et personnellement. Je conseille vivement à tout étudiant de vivre une expérience à l’étranger pour s’ouvrir au monde et mieux comprendre les différences culturelles.
